La Dépêche : "Mer : un écopolar sur fond de montée des eaux"

Ils sont comme des frères depuis la prime enfance. Bertil Scali est journaliste, éditeur, agent littéraire, réalisateur, et consultant pour des agences de publicité et des marques. Raphaël De Andreis est président du Havas Village France et chairman & CEO des agences créatives pour le sud de l’Europe et l’Allemagne du groupe Havas.

Ensemble Raphaël et Bertil ont écrit en 2019 "AIR" qui faisait de l’Aubrac un îlot de résistance face à une dictature écologiste. AIR a obtenu le Prix Littérature Talents 2020 du Conseil départemental de l’Aveyron. Les deux amis récidivent avec "MER", un passionnant roman policier d’anticipation sorti le


15 mars dernier aux Editions Cairn (collection Du Noir au Sud, 384 pages, 11,50 €). Année 2050 : avec la montée des eaux, la région bordelaise est transformée en lagune et marais. Les réfugiés climatiques venus d’Australie dévorée par les flammes affluent. 1 000 d’entre eux disparaissent brusquement. Une enquête s’ouvre. Interview.


Quel est le thème de MER ?


Raphaël : MER est avant tout un roman policier. Une disparition de masse à Bordeaux (devenue une ville lacustre sous l’effet du réchauffement), et un couple de flics mal assorti auquel on confie une enquête en espérant qu’ils n’auront pas le talent pour la résoudre. De même que chacun sait aujourd’hui qu’il ne faut pas sous estimer le lieutenant Colombo (rires) le lecteur de MER comprendra que les puissants ne devraient pas non plus prendre à légère la Lieutenante Sylla et le Commissaire Baranowky.


Bertil : Dans Mer, le monde fait face aux conséquences de la montée des océans dans une sorte d’acceptation générale. On n’a pas réussi à freiner le réchauffement climatique. Mais la vie continue. Les conséquences sont pourtant atroces, avec, comme toujours, une exploitation de l’homme par l’homme. C’est un retour en arrière. Les individus sont pris dans un dilemme : s’adapter, protéger les siens, est la priorité. Mais à quel moment doit-on s’oublier pour s’occuper des autres ?


Un message ?


B. L’humanité a une étonnante capacité à s’adapter à tout. C’est une bonne et une mauvaise chose. Cette faculté la rend peut-être un peu trop optimiste. L’Homme a du mal à anticiper les catastrophes, même celles qui sont annoncées. Mais dans l’adversité, certains individus sont capables de réagir et d’entraîner les autres avec eux.


R. Comme pour AIR, quand l’humanité abandonne le climat, elle déchaîne le pire d’elle-même.


Toujours une écriture à quatre mains…


R. Nous rêvons de devenir les nouveaux Lapierre & Collins (rire).


B. À l’adolescence, on aurait adoré créer un groupe. Mais comme on était incapables de composer quoi que ce soit, vers 14 ans on s’est amusés à faire des impros d’écriture à travers des nouvelles. On retrouve aujourd’hui ce plaisir. Une fois la trame établie dans ses moindres détails, c’est comme un bœuf de musique, avec l’idée de créer un son. On s’éclate.


Le choix de Bordeaux comme décor de l’intrigue ?


B. La montée des océans transformera Bordeaux en une sorte de Venise de l’Atlantique.


Et il est établi que plus d’un milliard de réfugiés climatiques seront jetés sur les routes de l’exil. Avec sa beauté, mais aussi son passé lié à l’esclavagisme, Bordeaux offrait un décor parfait pour une enquête policière sur fond de trafic humain.


R. Bordeaux est un décor unique au monde, elle a un passé extraordinaire mais comme toute cité aussi prestigieuse, elle s’est construite sur une part d’ombre. C’est cette face-là auxquels nos héros vont être confrontés.


Combien d’exemplaires d’AIR vendus et quelle trajectoire littéraire ?


Environ 10 000 exemplaires pour la première édition. La version poche vient de sortir et apparemment démarre très bien, portée par les nombreux articles et prix littéraire : AIR vient d’être sectionné par le plus prestigieux prix littéraire des livres de poche : Lire en poche.


AIR et MER seront-ils adaptés sur petit ou grand écran ?


Deux producteurs différents nous ont acheté les droits. Un français pour AIR, un anglais a mis une option pour MER. Nous regardons ça avec curiosité mais notre seule ambition est de séduire nos lecteurs.



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